Swinging Twins, la fascinante et triste histoire des Dolly Sisters

Parfaitement identiques et ravissantes, « les jumelles célestes » comme on les appelait dans les années 1920, avaient à elles deux conquis Broadway, les grandes scènes européennes et quelques milliardaires énamourés. Mais leur insatiable passion pour le luxe et le jeu finit par les entraîner dans une chute inéluctable. Petit tour dans les Années folles…

dolly sisters plumesNÉES À Budapest en 1892 et formées à la danse, Jenny et Rosie Deutsch immigrent avec leurs parents en 1905 à New-York où, très jeunes, elles commencent à se produire dans des vaudevilles sur les scènes des music-halls. Sous le nom de Dolly Sisters, ces vraies jumelles accentuent leur ressemblance en synchronisant leurs mouvements à la perfection et en portant des costumes identiques sur les planches comme à la ville. Plus que leur talent de danseuses, leur joli minois casqué de cheveux noirs coupés « à la garçonne », leurs corps de sylphides et leurs costumes de scènes délirants font sensation.  En 1918, elles affolent les messieurs qui les applaudissent dans le show des Ziegfeld Follies à Broadway, dans les spectacles du Moulin-Rouge de Paris et aussi à Londres où elles charment entre autres les fils du roi George V. D’Europe en Amérique, le tandem glamour connaîtra jusqu’en 1929 un succès phénoménal avec ses danses exotiques et sophistiquées. Lire la suite

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Casarès-Béjart, la rencontre au sommet de deux monstres sacrés

 

Maria Casarès par Martha Paz

Portraits : Maria Casarès par Martha Paz

Maurice Béjart

Maurice Béjart par Jacama

POURQUOI le monde de la danse devrait-il s’intéresser à Maria Casarès ? La réponse est dans le livre hommage que lui a consacré Florence M.- Forsythe en 2013 ¹ : l’une des plus grandes tragédiennes de son temps fut aussi l’une des égéries de Maurice Béjart. Lire la suite

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Noureev, une autobiographie bouleversante

Noureev_okAPRÈS AVOIR LU les nombreux articles et biographies parus après sa disparition en 1993, on croyait tout savoir sur la vie (mouvementée, sulfureuse) et la carrière (mouvementée, éblouissante) de Rudolf Noureev, danseur de génie devenu icône incontournable de l’histoire du ballet, voire de l’histoire de son temps. Ce nouvel ouvrage nous prouve à quel point on en était loin. Il s’agit en fait d’une autobiographie sortie à Londres en 1962 et jamais traduite. Une pépite en sommeil en quelque sorte… Rudolf Noureev avait alors 24 ans et s’était confié à un ami anglais avec une touchante sincérité et une clarté d’analyse qui, pour un garçon si jeune, laissent coi. Il raconte sans fioritures ni forfanterie – et parfois avec un humour décapant –  les premiers années de sa vie jusqu’à sa « fuite » à l’Ouest en passant par ses premiers pas de petit danseur folklorique… Et c’est bouleversant. Pour avoir enduré ce qu’il a enduré enfant, la misère, la vraie ; la guerre, ses visions d’horreur et ses séparations forcées ; la faim jusqu’à tomber d’inanition, le froid sibérien, ajoutés aux humiliations et rejets divers à cause de ses origines tatares, cet homme-là était un sacré résilient. Sauvé par l’amour de sa mère et de ses sœurs, sa soif inextinguible de musique et de danse, une saine colère et un fort désir de revanche. Ajoutons à cela un travail acharné, quelques coups de pouce du destin et, il faut bien le dire, un charisme hors du commun. On comprend alors mieux l’intransigeance et le perfectionnisme d’un artiste pour qui la danse était synonyme de survie.

© Dominique Pillette – Aventures du regard 2016

Noureev, une autobiographie, traduite, annotée et préfacée par Ariane Dollfus, Arthaud, 19,90 euros. Sortie début février. Du même auteur : Noureev l’insoumis, Flammarion, 2007.
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FLAUBERT ET LA DANSE (3) : les bals au XIXe

Dans Madame Bovary et surtout dans L’Education sentimentale, Flaubert a produit des pages très inspirées sur les bals, publics et privés, de son époque. Précisons que le XIXe siècle a connu une véritable folie pour ce genre de divertissement – 496 bals publics dans Paris et sa banlieue en 1834, où l’on dansait la contredanse, le quadrille, le galop, la valse, la polka, la mazurka et le chahut-cancan¹.

VERNIER Charles Valse au Bal Mabille Avenue Montaigne

Charles Vernier (1813-1892), Valse au Bal Mabille, avenue Montaigne, lithographie.

1 – UN BAL PUBLIC (L’Éducation sentimentale, 1re partie, chap. V.)

Nous sommes en 1848 à Paris, à la fin de la Monarchie de Juillet et du règne de Louis-Philippe. Le jeune Frédéric Moreau, miné par un amour impossible, est entraîné à l’Alhambra par un compère, Deslauriers, qui décide de lui changer les idées.

« L’Alhambra, précise Flaubert, était un bal public ouvert récemment au haut des Champs-Elysées, et qui se ruina, dès la seconde saison, par un luxe prématuré dans ce genre d’établissements). […] On s’y amuse à ce qu’il paraît. Allons-y ! »

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Pas de Noël sans « Casse-Noisette »

Casse-Noisette, illustration Nadia Stelkina

Casse-Noisette, illustration Nadia Stelkina

UN DES PLUS BEAUX ballets du monde dansé par l’une des plus grandes troupes du monde, à voir en direct au cinéma, et en famille qui plus est, ça ne se rate pas ! C’est une véritable féerie de Noël à laquelle vont assister les enfants, qui pourront aussi participer à un atelier « Casse-Noisette » conçu et animé pour eux par Ariane Dollfus, passionnante journaliste et historienne de la danse. On y lira des extraits du conte d’Alexandre Dumas, ils seront initiés à la musique de Tchaïkovski et un goûter leur sera même offert avant la retransmission du ballet en direct du Bolchoï. Un vrai beau cadeau…

Rendez-vous ce dimanche 20 décembre à 14h30 au Cinéma le Club de l’Étoile, 14, rue Troyon, Paris 17e  01 43 80 40 27. http://www.clubdeletoile.fr
10 euros l’atelier, gratuit  – 12 ans. Projection à 16 heures.

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QUAND LES BRUEGHEL FAISAIENT DANSER LA NOCE

HEUREUSE IDÉE par les temps qui courent, jusqu’au 17 janvier le Palais des Beaux-Arts de Lille célèbre la joie de vivre à travers la peinture. Hédonisme, gaieté, sensualité, plaisirs du corps ou de l’esprit en 120 œuvres exposées. Il va sans dire que la danse est présente, notamment avec Jan Brueghel l’Ancien. C’est l’occasion de se pencher sur une dynastie de peintres légendaires du XVIe siècle et sur une scène de genre à part entière : les danses de noces en plein air.

Copie d'après Brueghel l'Ancien Danse de noces détailÀ LA TÊTE de cette fascinante famille d’artistes, Pieter Bruegel l’Ancien, (1520/25-1569), peintre de scènes religieuses, scènes de genre, graveur et dessinateur. À sa mort, ses deux fils vont prendre la relève. L’aîné, Pieter Brueghel II (dit le Jeune, 1564-1637/8), et le cadet Jan Brueghel (dit l’Ancien, dit de Velours, 1568-1625), l’Ancien parce qu’il aura lui-même un fils, Jan Brueghel (dit le Jeune, 1601-1678). Notons que ce grand nom s’écrit sans h quand il s’agit du patriarche, les fils ayant opté pour l’orthographe avec h, et arrêtons-nous là pour la généalogie qui s’étend sur six générations !

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LES OMBRES DANSANTES DE LOTTE REINIGER

Pionnière de l’animation de silhouettes en papier découpé, surnommée « la maîtresse des ombres » par Jean Renoir, cette Allemande francophile a réalisé de nombreux longs métrages d’animation qui sont autant de petits chefs-d’œuvre intemporels, pleins de grâce et de poésie. 

Lotte Reiniger BeautyC’EST À LONDRES que Lotte Reiniger (1899-1981) se fait remarquer avec de petits films musicaux réalisés en collaboration avec son mari Carl Koch, un cinéaste d’avant-garde. Il va sans dire qu’elle ne disposait pas de nos moyens techniques sophistiqués et pour obtenir un résultat fluide, beaucoup de temps, de patience, de coups de ciseaux et de mine de plomb lui auront été nécessaires. Comme en 1926, pour ses Aventures du prince Ahmed inspirées des Mille et une nuits. Ce film de 65 minutes d’une grande précision technique, comporte plus de 300 000 images, à 24 images/seconde. Une pure merveille et une véritable prouesse dont la réalisation aura duré trois ans. Mais quelle finesse et quelle souplesse dans le mouvement ! Succès immédiat pour cette œuvre féerique admirée des artistes et intellectuels de l’époque. Le film séduira aussi le public français lors d’une projection organisée par Louis Jouvet au Théâtre des Champs-Elysées. Lire la suite

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